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SAnte : grossesse: Besoins specifiques

Posté par achkoune le 12/4/2007 21:55:50 (700 lectures)

Proteines
Les besoins supplementaires en proteines sont evalues à 0,7 g/j au premier trimestre, 3,3 g/j et 5,8 g/j aux deuxième et troisième trimestres, soit 1,3, 6,1 et 10,7g/j d’apports supplementaires en tenant compte de l’efficacite de conversion des proteines alimentaires en proteines tissulaires. Les apports recommandes sont donc de 60 à 70g/j pendant la grossesse et un peu plus durant l’allaitement. Dans les pays industrialises, ces besoins sont largement couverts par des apports spontanes souvent superieurs à 80 g/j, excepte, par exemple, dans les milieux defavorises et chez les adeptes du vegetalisme.

   

En pratique, les proteines animales (viande, œufs, poisson, lait, fromage…) ont une qualite nutritionnelle superieure à celle des vegetaux (cereales, legumineuses) deficitaires en acides amines indispensables. Il faut donc associer aux cereales des legumineuses (couscous-pois chiches) ou des proteines animales (pain-fromage, cereales-lait). On recommande de consommer de la viande (ou equivalence) une à deux fois par jour.

Glucides
Le glucose est la source essentielle d’energie pour les tissus fœtaux. Pendant la grossesse, le metabolisme glucidique est modifie par :

- un hyperinsulinisme au cours des deux premiers trimestres, permettant la constitution de reserves energetiques maternelles ;
- une insulinoresistance au troisième trimestre, au profit du fœtus, la mère puisant l’energie dont elle a besoin dans les reserves lipidiques constituees.

En pratique, les apports en glucides doivent être superieurs à 250 g/j, en privilegiant les sucres complexes. Un petit dejeuner glucidique apportant 40 à 50 g d’amidon (80 g de pain ou 6 biscottes, ou 60 g de cereales) est imperatif.

Lipides
Les lipides contribuent à l’apport energetique, assurent le transport des vitamines liposolubles (A, D, E) et participent à la constitution des membranes nerveuses du fœtus.

Les apports, exclusivement alimentaires, en acides gras polyinsatures essentiels (AGE) - acides linoleique (serie n-6), α-linolenique (serie n-3) et leurs derives à longue chaîne – doivent être surveilles en respectant l’equilibre entre les deux series : en effet, les apports en n-3 sont insuffisants chez la population française.

En pratique, il faut varier les corps gras : beurre, differentes huiles utilisees en alternance ou en melange, poissons gras riches en derives de l’acide α-linolenique). Ces recommandations s’appliquent egalement lors de l’allaitement.

Calcium
Les besoins de la mineralisation du squelette fœtal (près de 30 g au total) sont essentiellement couverts par l’augmentation de l’absorption intestinale du calcium. Ainsi, ces besoins sont assures sans que le statut osseux maternel en soit affecte si les apports calciques sont adequats : 1 000 mg/j recommandes pendant la grossesse et l’allaitement.

En revanche, au cours de l’allaitement, la mère puise dans ses reserves osseuses pour les couvrir. Cette demineralisation est reversible après le sevrage et sans consequence à long terme pour la mère, à condition que ses apports calciques soient suffisants. Cependant, chez l’adolescente, une supplementation calcique systematique pendant l’allaitement est justifiee.

En pratique, les apports spontanes sont souvent insuffisants. Les produits laitiers etant la principale source de calcium, on peut conseiller 1/2 litre de lait + 30 g de fromage + 1 yaourt. Les legumes, les fruits, les cereales et les eaux de boisson complètent les apports en calcium.

Vitamine D
Les reserves du fœtus en vitamine D se constituent aux depens de celles de la mère, qui est souvent carencee en fin de grossesse, surtout en hiver et au debut du printemps. Il existe une relation entre ce deficit et la survenue d’une hypocalcemie neonatale.

En pratique, toute femme enceinte doit être supplementee en vitamine D à raison de 400 UI/j pendant toute la grossesse ou 1 000 UI/j le dernier trimestre, ou 200 000 UI en dose unique au septième mois.

Fer
Le coût global en fer de la grossesse est estime à 1 g. Les besoins augmentent de 1 à 2,5 mg/j en debut de grossesse à 6,5 mg/j au cours du troisième trimestre selon l’etat des reserves preexistantes. L’augmentation des capacites d’absorption intestinale du fer, d’autant plus importante que les apports sont faibles, rend possible la couverture de ces besoins par l’alimentation à condition que la ration soit suffisante ( > 2 000 kcal/j) et variee, sans exclusion des aliments d’origine animale. Des reserves insuffisantes en debut de grossesse peuvent entraîner une anemie ferriprive chez la mère et augmenter le risque de prematurite et d’hypotrophie fœtale.

En pratique, plutôt qu’une supplementation systematique, il est conseille de depister et traiter les femmes à risque et de cibler la supplementation : anemie en debut de grossesse, adolescentes, grossesses rapprochees ou multiples, menorragies, vegetarisme, milieux defavorises. On conseille, dès le premier trimestre, 30 à 50 mg/j de fer-element en l’absence de deficit majeur et 120 à 150 mg/j en cas d’anemie et de carence martiale averees.

La consommation d’aliments riches en fer doit être encouragee dans tous les cas : viande, poissons, œufs, legumes secs, fruits secs et oleagineux, epinards...

Folates - vitamine B9
Les folates sont essentiels au developpement embryonnaire et fœtal, car ils interviennent dans la division cellulaire. Or, les apports sont insuffisants chez les femmes enceintes dont les besoins sont accrus : 400 µg/j sont recommandes. Une carence en folates augmente le risque de prematurite et de retard de croissance intra-uterines et surtout d’anomalies de fermeture du tube neural (anencephalie, spina bifida…).

En pratique, la fermeture du tube neural se fait à la quatrième semaine, souvent avant que la grossesse ne soit connue. C’est pourquoi une alimentation riche en folates est conseillee à toutes les femmes en âge de procreer (legumes à feuilles, agrumes, cereales complètes, maïs, lentilles, œufs, fromages…). Une supplementation systematique à doses nutritionnelles (0,4 mg/j) est recommandee chez toutes les femmes qui desirent concevoir. En cas d’antecedent d’anomalie du tube neural, une supplementation à dose therapeutique (5 mg/j) doit debuter quatre semaines avant la conception et se poursuivre pendant les deux premiers mois de grossesse.

Autres vitamines du groupe B
Les besoins en vitamines B1, B6 et B12, legèrement augmentes, sont couverts par une alimentation equilibree. Cereales complètes, legumes, viandes, poissons, produits laitiers et œufs y pourvoient. Un deficit en B12, responsable notamment d’anemie, peut s’observer chez les vegetaliennes.

Vitamine A
Elle est indispensable à la differenciation cellulaire embryonnaire et fœtale. Le risque de carence est faible chez la femme enceinte du fait des reserves hepatiques, du moins en France, et l’alimentation couvre les besoins lies à la grossesse. Les principales sources sont le lait non ecreme, le beurre, les œufs. Les legumes verts et les fruits apportent son precurseur, le β-carotène.

L’hypervitaminose A etant soupçonnee d’être teratogène, la consommation de foie naturellement riche en vitamine A est, par prudence, deconseillee pendant la grossesse, de même que les supplements polyvitaminiques contenant de la vitamine A.

Vitamine E
Les apports sont souvent inferieurs aux recommandations. Les principales sources en sont les matières grasses vegetales.

Vitamine C
Les besoins en vitamine C sont couverts par l’alimentation (fruits et legumes frais). Une supplementation en vitamine C à haute dose peut être dangereuse : un excès de vitamine C reduit l’assimilation des mineraux (magnesium, cuivre ou zinc) et peut induire un « etat de manque » chez le nouveau-ne.

Autres mineraux et oligoelements
Iode : la grossesse augmente les besoins et contribue à l’apparition ou à l’aggravation des deficiences moderees. Il faut donc encourager la consommation des aliments riches en iode (lait et produits laitiers, poissons et crustaces, œufs) et conseiller le sel enrichi.

Magnesium : l’alimentation est generalement suffisante pour couvrir les besoins du fœtus et de la mère. Les principales sources sont le chocolat, les legumes et les fruits secs, les produits cerealiers, certaines eaux de boisson, la viande et le lait.
Zinc : une alimentation equilibree riche en proteines animales (viandes, poissons et produits laitiers) suffit pour couvrir les besoins. Les carences d’apport peuvent s’observer dans certains cas : alcoolotabagisme, regime vegetarien ou vegetalien, malabsorption, competition avec desequilibre d’apport en fer, cuivre.

Fluor : une supplementation en fluor est inutile ; elle ne protège que les dents « de lait », dont la mineralisation debute à la quatrième semaine, mais non les dents definitives, dont la mineralisation commence à la naissance.

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